CeBIT 2017 : Industrie 4.0 ou la révolution digitale de l’Internet des Objets (IoT)

À Hanovre, le CeBIT, gigantesque salon de l’informatique et de la bureautique, est selon ses organisateurs le lieu de démonstration des industries du futur, l’industrie 4.0, la fameuse révolution digitale et de l’Internet des objets. Derrière ces mots intrigants se trouve le concept de mise en réseau de presque tous les objets, ce qui induit des opportunités commerciales extraordinaires et qui pose de très grands risques concurrentiels. Plus qu’un salon industriel, le CeBit est le salon des technologies de l’information. Il couvre cependant, comme à son habitude, un spectre industriel extrêmement large allant de la myriade de fabricants de gadgets chinois jusqu’aux multinationales tentaculaires comme IBM ou Huawei.

Par Edmond Debar, France Télévisions –  innovations&développements

L’intelligence artificielle (IA) reste néanmoins, comme les autres années, au cœur de ce CeBIT, les machines intelligentes représentant l’une des principales forces motrices des prochaines années. La capacité de créer un système de gestion plus efficace tout en minimisant les coûts et les erreurs humaines est un idéal pour les entreprises, en particulier compte tenu de la quantité croissante de données traitées.

L’IA va bien au-delà de la simple gestion des fichiers, les systèmes intelligents s’appliquent à un certain nombre d’applications, y compris la gestion intelligente de la ville ou des bâtiments et dans le domaine du service à la clientèle. Accenture va même jusqu’à dire que l’IA portera l’image d’une entreprise dans les prochaines années.

Nous avons pu voir des démonstrations des plus intéressantes : Fujitsu qui a exposé un hub dans le style d’Alexa (Amazon) ou Google Home, mais avec une présence physique plus prononcée. Cette machine « intelligente » vise à fournir un « service ». C’est un petit robot qui peut prendre diverses poses, ce qui lui confère une convivialité bien plus agréable que la voix désincarnée des assistants numériques actuels.


Une autre démonstration d’IA significative se trouve sur le stand IBM, un projet collaboratif avec DJI qui met en œuvre Watson (moteur d’intelligence artificielle d’IBM), qui exploite les images aériennes fournies par un drone DJI et qui traduit automatiquement ces images en mots clés pour évaluer des situations d’urgence. Ce système est remarquable car Watson reste en apprentissage permanent pour améliorer sa capacité a évaluer avec justesse une situation.


Watson est aussi utilisé dans un véhicule autonome, façon Siri (Apple). Fruit d’un projet collaboratif avec Local Motors, Olli est le premier véhicule autonome qui bénéficie des capacités cognitives basées sur le Cloud Watson IoT. Olli peut ainsi analyser et apprendre des données issues de ses 30 capteurs embarqués et vous amener en toute sécurité au théâtre le plus proche jouant votre pièce favorite…


Fortement liée à l’IA, la réalité virtuelle (VR), devient vraiment réelle du fait de la récente poussée des jeux vidéo. Des dispositifs de haute qualité tels que le HTC Vive et PlayStation VR ont été adoptés par le grand public et pénêtrent dans des millions de foyers.

Cette année la VR a donc été l’objet de nombreuses conférences et on peut même dire que c’est le fil conducteur d’une majorité des exposants. Cependant sa présence varie suivant le type de stand : principal centre d’intérêt des startups, ou intégré dans un processus industriel sur les stands des grandes entreprises. Peu importe leur puissance et leur positionnement, les entreprises démontrent qu’elles relèvent le défi de la VR.

Si les géants de l’industrie disposent de force de conception et de création importante, des kits de développements sont accessibles aux startups qui s’emparent des lunettes et des manettes peu onéreuses, et personne ne veut ou plutôt ne peut se permettre d’ignorer ce nouvel enjeu : la VR, tout comme Internet il y a quelques années, représente un espoir énorme pour la création d’empire industriel et un grand risque pour les géants industriels d’aujourd’hui.


Si les petites structures proposent essentiellement des expériences ludiques, les grosses entreprises s’amusent en associant une pincée de Cloud et un zeste de IoT, cela crée des produits totalement hybrides mais intéressants voire pertinents. Comme la pelleteuse connectée chez Komatsu : elle n’est plus un bête engin de chantier, elle devient un objet capable de niveler les terrains, truffé de capteurs (Radars, GPS) connecté au Web (IoT), et s’appuie sur les données et services de l’architecte (Cloud) pour rendre réel le bâtiment en état de futur achèvement (VR) afin de ne pas commettre l’irréparable et d’améliorer l’efficacité de l’outil. La personne aux commandes sera capable de superposer à la réalité des données en provenance du Cloud lui permettant de visualiser le bâtiment fini. L’ouvrier devient un vrai technicien de haut niveau : des outils d’un niveau technique important sont présents à bord : la boîte de contrôle de l’écran tactile qui rend le calage facile et précis avec une boussole angulaire et un guidage audio. Des informations telles que l’état en temps réel «en construction», une vue de classement fine agrandie ou une vue aérienne 3D peuvent être affichées simultanément. En réglant les données de conception 3D sur le moniteur de la boîte de contrôle, le jalonnement peut être réduit ou éliminé, ainsi que l’inspection topographique et l’inspection finale.


L’Internet des objets a également donné lieu à plusieurs conférences cette année, y compris sur la conception et la sécurisation des infrastructures, ce qui est devenu une préoccupation très réelle au cours de ces derniers temps.

L’une des applications les plus impressionnantes de cette année est le centre d’opérations urbaines intelligentes de Huawei. Le système affiche une carte des températures d’une ville entière. Une deuxième carte se superpose avec les axes les plus fréquentés, les services d’urgence et les véhicules de transport public. L’idée est d’optimiser les délais d’urgence et rendre les transports publics plus efficaces.

Une autre thématique du CeBIT cette année : les véhicules sans pilote, comme les drones. Le marché drones a connu une croissance rapide tant sur le plan commercial que sur le marché des entreprises ces dernières années, car le pilotage à distance présente de nombreux avantages.

Cette année le CeBIT continue de démontrer le potentiel de l’état actuel de la technologie drone dans un grand parc intérieur, sponsorisé par Intel.

Un modèle impressionnant présenté lors de ce CeBIT était le modèle «Typhoon H» du fabricant chinois Yuneec qui est capable de reconnaître les obstacles et d’éviter les collisions de manière indépendante. Le robot peut fonctionner dans un rayon de 50 km jusqu’à 1 heure.


L’industrie 4.0 n’exclut pas néanmoins les canons classiques de l’industrie : serveurs stockage et réseau. Ces derniers poursuivent l’évolution logique de ces dernières années : 25/40 Gbps sur des ports SFP fibre ou 100Gbps sur des ports QSFP, des technologies désormais démystifiées par l’« Ethernet Alliance » qui regroupe tous les grands noms du réseau.

Du coté des serveurs, les nouveaux processeurs Intel sont intégrés, comme le tout dernier Intel E7-8894 v4 cadencé à 2.4 GHz, basé sur une architecture Broadwell gravée à 14nm et composé de 24 cœurs physiques chacun divisibles en 2 cœurs logiques. À noter que le contrôleur de ce processeur peut gérer plus de plus 3To de RAM et que les serveurs peuvent être équipés de 8 processeurs… Sidérant…

Du coté du stockage, la protection des données par « Erasure Coding » est toujours ignorée des fabricants de NAS grand public comme QNAP ou Synology. Ceux-ci se rattrapent sur des solutions de sauvegarde en offrant un connecteur Amazon S3 (Synology) ou directement des sauvegardes sur des robotiques Blu ray Panasonic (QNAP). On annonce par contre une baie all flash stupéfiante de stockage chez Huawei : la OceanStor Dorado g2 qui annonce des volumes pouvant aller jusqu’à 40 To sur 8U, une latence de 0,5 ms et 4 millions d’IOPS (Entrées/Sorties par seconde), encore des chiffres qui donnent le tournis…


Enfin nous terminerons par la technologie de connexion 5G. Cette nouvelle technologie de trafic de données devrait être mise à la disposition des consommateurs au cours des prochaines années. La 5G devrait également augmenter radicalement la quantité de données que nous consommons en raison de sa vitesse plus élevée (de l’ordre du 1 Gbps soit 15 fois le débit maximum de la 4G) et surtout de sa latence plus faible.

Nous avons vu de nombreuses applications possibles pour cette technologie : la VR, la généralisation de l’Internet de objets ou encore l’IA. La 5G en elle-même n’est pas nécessairement présente partout sur l’exposition, mais la communication de quantités massives de données par le biais de réseau mobile devient un réel enjeu. Il est impossible d’ignorer l’impact de l’industrie 4.0 sur nos réseaux de communication.

 

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