IBC 2015 : Audio, l’expérience utilisateur au centre des attentions

ConsoleLes solutions audio sur IP existent depuis plusieurs années. Le protocole standardisé AES67 – gage d’interopérabilité – se superpose désormais chez presque tous les constructeurs qu’il s’agisse de ceux des historiques alliances Ravenna et Dante, ou les quelques autres protocoles tels qu’AVB, Livewire, etc.
Les toutes nouvelles solutions vidéo sur IP au standard SMPTE 2022 célébrées lors de cet IBC ne gèrent que l’encapsulation du signal SDI en IP. En termes d’audio, cela signifie la possibilité de transporter maximum 16 ou 32 pistes par flux « SDI over IP » mais sans possibilité d’accéder, extraire ou remplacer simplement ces pistes audio. C’est pourquoi l’AES67 a de l’avenir pour permettre aux flux audio de vivre leur vie dans le réseau IP en parallèle des flux SMPTE 2022. Les solutions paraissent plus éprouvées chaque année, de véritables grilles de commutation IP gèrent désormais plusieurs centaines de points de connexion en préservant une très faible latence autorisant les applications depuis la prise de son en direct pour la sonorisation jusqu’à la post-production.

Les outils de traitement du loudness continuent de se perfectionner. Le plugin « Loudness Ranger » présenté l’an passé chez Minnetonka – dont la fonctionnalité principale consiste à augmenter/réduire la dynamique d’un programme sans modifier sa mesure de loudness globale – est désormais concurrencé par une autre solution logicielle née à l’IRT (Institut de recherche technologique des chaînes publiques germanophones) et commercialisée par RTW sous le nom Magic LRA. A cette occasion, RTW met d’ailleurs à disposition de ses utilisateurs d’appareils de mesure un équivalent tout logiciel de ses produits sous forme de plugins Mac/PC.

RTW software

Du côté des fabricants de consoles, après la mutation de leurs protocoles d’entrées/sorties au format AES67, l’heure est à la réflexion : audio orienté objets, spatialisation 3D, quelques prototypes s’exposent et préfigurent les fonctionnalités de demain. Au rang des curiosités on relèvera le produit d’auto-mixage KICK de LAWO grâce à un tracking des joueurs et du ballon par un logiciel dédié. La console ajuste en temps réel le niveau de chaque micro pour suivre l’action au plus près grâce au paramétrage complet du dispositif de prise de son : nombre de micros, placement, directivité des capsules, orientation… La démonstration ne dit pas si le logiciel sait réagir pour couper un micro en cas de chute bruyante du perchman, et se défend de montrer une photo du chef opérateur, sandwich en main, pendant le direct !

IBC LAWO

L’audio 3D n’est pas en reste, bien au contraire, les stars du salon restent les formats orientés objets de demain : MPEG-H 3D, DTS:X et Dolby AC-4. Derrière ces 3 technologies destinées au grand public, héritières des standards de production 3D au cinéma, leurs performances se précisent. Pour le bonheur du marché et des créateurs de contenus, le message est passé : l’immersion sonore en 3 dimensions ne doit pas prendre le pas sur les formidables possibilités de l’audio orienté objets dans la mesure où le nombre d’objets s’avère de fait limité par l’indispensable compression numérique. Ainsi les contenus de démonstration sur ce salon IBC ont surtout permis d’apprécier la diffusion de versions multilingues, la possibilité de rehausser le niveau des dialogues ou de couper un commentaire sportif au profit de l’ambiance enveloppante issue de l’une ou l’autre tribune de supporters. Avant l’immersion, ces formats offrent surtout une personnalisation de l’expérience sonore, et vise en priorité le bon rapport possibilités/optimisation du débit en diffusion.

Au rang des promesses, le MPEG–H 3D possède un atout assez peu mis en avant par l’alliance MPEG-H (Qualcomm, Fraunhofer, Technicolor, Junger) : le support du format HOA (High Order Ambisonics). HOA présente plusieurs avantages : il exprime une scène sonore munie d’ambiances, de musiques, de bruitages, dans un format 360°, uniformément défini dans les 3 dimensions. Plus on alloue de pistes audio au format HOA, plus la précision du rendu spatial augmente, cette scalabilité permet notamment d’adapter la qualité transmise au débit disponible. Mais surtout, n’étant pas lié à un positionnement précis des haut-parleurs, HOA s’adapte mieux à leur nombre et leurs positions. C’est le décodeur HOA, intégré au moteur de rendu MPEG-H 3D, qui se charge de ce traitement. Une répartition harmonieuse des haut-parleurs dans la pièce offrira toujours une meilleure qualité de rendu, mais l’adaptation de ce rendu à des dispositions hétérogènes semble bien plus proche des réalités du terrain : le grand public ne possède pas toujours le nombre d’enceintes requis, et leur positionnement épouse trop souvent des contraintes de décoration. Pour l’instant, hélas, les démonstrations de contenus HOA lors des salons se font sur des configurations standards de haut-parleurs, il manque encore la preuve que ce format HOA s’adapte mieux qu’un mixage multicanal classique à des configurations bizarres.

Tout droit débarquées de l’IFA, le salon grand public berlinois de ce début septembre, 2 produits ont aussi chatouillé nos oreilles :

  • une barre de son Atmos à 1.700 $, chez Yamaha, comprenant quarante-quatre haut-parleurs afin de simuler toute une installation audio 3D pour un encombrement minime, référence YSP-5600.
Yamaha YSP-5600

Yamaha YSP-5600

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