IBC 2015 : Big Data, l’addition de petites applications qui feront la différence

Big-DataAutre thématique intense de cet IBC 2015, les applications Big Data au service de la production, de l’expérience utilisateur, du management et de la maintenance des systèmes audiovisuels. Derrière le concept de Big Data se cache une suite de fonctions assez immuable : une captation massive de données, des solutions de traitement et des générateurs d’affichage. A chaque thématique, à chaque service ses modules adaptés. Plusieurs applications ont retenu notre attention, par principe ces idées sont simples, mais l’amas de données à traiter est tel qu’il a fallu attendre 2015 et les possibilités de calcul quasi infinies du cloud pour les voir exister.

La société de consultants 42 MediaTVcom présentait notamment plusieurs preuves de concept Big Data :

  • En agglomérant les logs issus de plusieurs processeurs d’une régie de diffusion, puis à l’aide de l’outil open-source Data Science, plusieurs graphiques ont été générés pour accompagner le superviseur technique dans l’analyse de ses systèmes. Toutes les personnalisations sont possibles, en lien avec l’application recherchée : générer et affiner les statistiques qui comptent, assurer la viabilité d’une installation d’un coup d’œil, simuler des déplacements de charge (process, stockage) sur des plages horaires différentes…

MediaTVcom

  • La fonction Start Over (ou Salto à France Télévisions) permet aux téléspectateurs de reprendre au début d’un programme lorsqu’ils l’attrapent en cours de diffusion. Souvent cette fonctionnalité est offerte par un distributeur (type fournisseur de box ADSL ou satellite-connectée) qui ne connaît pas l’heure exacte de démarrage du programme, les utilisateurs sont généralement renvoyés quelques minutes avant son début, en pleine page de publicités. En récupérant plusieurs centaines de données de lecture/pause et avance/retour rapide des premiers téléspectateurs retardataires à avoir activé cette fonction, leur analyse permet au distributeur d’actualiser le point de démarrage réel du programme. Quelques dizaines de précurseurs suffisent à rendre la fonction pertinente pour les autres.
  • Le Cloud computing a commencé avec le stockage, où la société Amazon s’y est rendu maîtresse avec S3, son service de stockage scalable destiné aux entreprises. Puis Amazon a proposé des unités de calculs à la demande, comme autant de stations virtuelles prêtes à exécuter des programmes. Les constructeurs d’encodeurs Harmonic, Envivio et Telestream sont ainsi présents sur Amazon en tant que services «exécutables» de transcodage, prêts à traiter des médias déposés sur S3. 42 MediaTVcom démontrait la possibilité, dans un centre de diffusion par exemple, d’analyser en continu l’état et la file d’attente d’un service de transcodage pour, en cas de débordement, automatiser le transfert de certains médias vers un stockage cloud S3, démarrer le nombre de stations virtuelles nécessaire et appeler les services de transcodage requis. Les médias traités sont en retour téléchargés vers le centre de diffusion, le stockage Cloud est nettoyé et les stations virtuelles sont éteintes. Au delà de la souplesse technique offerte, limitant les investissements au seul volume régulier de médias à traiter pour acheter ponctuellement des capacités supplémentaires sur le Cloud, cette solution se paramètre aussi en fonction des données de facturation : chez Amazon, les services de transcodage se paient à l’heure, il faut donc bien anticiper le temps de transfert des médias, le nombre de stations virtuelles à initier et le temps moyen nécessaire pour effectuer les transcodages.

Autre idée simple et puissante, mise en œuvre chez Arte en régie de diffusion : un système d’analyse et de filtrage des messages Facebook permet de remonter auprès du chef de chaîne l’ensemble des incidents à caractère technique qui semblent impacter l’humeur de leurs auteurs. Quasi instantané, comparé à une action auprès du service des relations téléspectateurs aux heures de bureau, ce procédé permet au chef de chaîne d’identifier le problème et le réseau touché (Arte est reprise dans plusieurs pays francophones et germanophones par différents distributeurs). Au besoin, il peut même entamer un dialogue avec l’internaute via Facebook avant de prendre la décision de modifier un départ vers le distributeur incriminé, lorsque celui-ci n’a pas sélectionné la bonne langue sur son réseau par exemple, l’un des soucis techniques possibles puisque Arte émet simultanément en Français, en Allemand, en version originale, en version française audiodécrite et en version allemande audiodécrite… vers certains réseaux qui ne retransmettent qu’une seule de ces versions à leurs abonnés.

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