La MOCAP, pour des mouvements réalistes

La capture de mouvement (ou MOtion CAPture en anglais) désigne les techniques permettant d’enregistrer la position et les mouvements des êtres vivants de manière à pouvoir animer des personnages de synthèse avec le plus grand réalisme.

Ces techniques sont largement utilisées pour créer les personnages de jeux vidéos de type sports ou combats. Au cinéma, quelques films sont partiellement intégralement tournés en MOCAP comme les Aventures de Tintin de Steven Spielberg ou Pourquoi j’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze.

L’intérêt que l’on porte au mouvement n’a pas attendu l’invention du cinéma. Parmi les différentes expérimentations menées à la fin du 19ème siècle, celle de Muybridge fait date. En 1878, il met en place un dispositif impressionnant : un cheval lancé au galop rompt avec son poitrail des fils tendus sur son passage, ce qui déclenche successivement 24 chambres photographiques.

L’avènement du cinéma qui à ses débuts tournait à 16 images/seconde pour monter à 24 a permis d’acquérir les fondamentaux sur le mouvement.


Un siècle plus tard arrive l’informatique, l’animation en images de synthèse qui en découle, les jeux vidéos, … une nouvelle ère pour l’étude et la reproduction du mouvement.

Le procédé

On place des capteurs sur un comédien au niveau de ses articulations. Des caméras émettent des rayonnements infra rouge qui sont réfléchis par les capteurs et renvoyés à ces mêmes caméras. Ainsi, ce n’est pas le comédien lui-même qui est filmé mais uniquement les capteurs

La matière obtenue lors de cette prise de vue donnera la position précise en 3D du corps du comédien et servira à animer logiciellement le personnage en synthèse.

En 1993, Richard Bohringer devient le premier comédien « virtuel ». Il « prête » ses mouvements au capitaine Némo dans le 20.000 lieues sous les mers de Didier Pourcel. Regardez le making of proposé par ARTE :

Le MOCAP ne se limite pas aux déplacements, un travail d’orfèvre s’adresse au visage porteur des émotions grâce aux mouvements des muscles faciaux. Selon les études du psychologue américain Paul Ekman, nos émotions sont traduites sur notre visage par 43 muscles. Il s’agit donc de positionner suffisamment de capteurs à des endroits précis du visage et compléter par un système d’eye-tracking pour détecter le mouvement des yeux sans quoi le personnage animé n’aurait pas de présence. Voici un exemple de ce qu’on peut faire :

Bonus

Pour en savoir (et voir) plus, visitez le site de la société française MocapLab, partenaire du projet SubTil.

Ce contenu a été publié dans informatique, Technologies. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *