SubTil : comment proposer une version d’un programme en langue des signes de meilleure qualité

Une version en Langue des Signes Française est proposée sur quelques programmes en direct. Le processus de fabrication comporte des limites qui font que le public sourd regrette un manque de qualité et d’intelligibilité de la traduction. SubTil(*) propose une solution pour lever ces défauts lors de la mise en ligne du programme en replay.

Comment ça se passe pour le direct ?

Lors d’une émission en direct, un interprète (nécessairement entendant et rompu à cet exercice particulièrement complexe) traduit tous les intervenants en simultané, ce qui comporte quelques inconvénients :

  • Ça va vite ! C’est un travail éprouvant physiquement et pour lequel il faut être concentré sur la durée
  • Un interprète unique peut semer la confusion lorsqu’un débat s’anime : qui parle ?
  • Le débit de parole ainsi que la nécessité d’épeler les noms propres, et l’impossibilité, parfois, d’anticiper/préparer les thématiques abordées ne permettent pas toujours d’obtenir une traduction au plus juste.

Les solutions qu’apporte SubTil en TV de rattrapage 

Prenons l’exemple du débat de l’entre deux tours de l’élection présidentielle de 2017. Il a été sous-titré comme le stipule la réglementation :

  • On récupère le texte du fichier de sous-titrage, que l’on resynchronise
  • Un groupe de travail constitué de traducteurs français/LSF élabore une version en langue des signes la plus fidèle possible
  • Une personne sourde entraînée signe ensuite cette version devant un écran de contrôle, en ayant été au préalable recouverte de capteurs de position.
  • Ces capteurs permettent d’enregistrer ses mouvements de manière à animer un avatar 3D selon la technique de la MOCAP
  • Cet avatar peut être à souhait dupliqué, personnalisé de façon à alléger la compréhension – on sait qui parle – dans une LSF précise et parfaitement synchronisée avec le programme.

(*) Le projet SubTil réunit France Télévisions innovations & développements, Perfect Memory, l’Institut Mines-Telecom et Mocaplab pendant deux ans, dans le cadre de travaux collaboratifs de recherche et développement visant l’amélioration de l’accessibilité des programmes TV : qualité du sous-titrage, intelligibilité sonore et interprétation en langue des signes.

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2 réponses à SubTil : comment proposer une version d’un programme en langue des signes de meilleure qualité

  1. Dominique LESTRADE dit :

    Intéressant, mais combien de personnes ont été requises pour arriver à ce résultat ? Et quel délai de publication cela ajoute-t-il par rapport à la version sans cette traduction ?

    • Olivier Jouinot dit :

      – 1 traducteur sourd, accompagné au besoin d’un second traducteur entendant en cas de doute
      – 1 signeur (qui peut être le traducteur) pour produire la LSF
      – 1 technicien pour enregistrer/traiter le fichier de motion capture

      Dans le cadre d’un workflow industrialisé, permettant notamment d’embaucher du personnel en situation de handicap en tant que prestataire ou intégré à l’entreprise, cela permet de produire une telle version LSF en quelques heures, tout dépend de la durée totale du programme concerné.

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